SSysDigest
IA au travail : pourquoi le CSE doit être consulté avant ChatGPT ou Copilot

Photo : ActuIA

Intelligence Artificielle

IA au travail : pourquoi le CSE doit être consulté avant ChatGPT ou Copilot

En France, les juges obligent de plus en plus les entreprises à consulter le CSE avant de déployer un outil d'IA comme ChatGPT, sous peine de suspension.

actuentrepriseIAdroit du travail
Partager :

Si ton entreprise veut déployer un outil d'IA qui change tes conditions de travail, elle n'a pas le droit de faire ça en catimini. Depuis février 2025, plusieurs juges français ont tranché : neuf décisions rendues jusqu'en septembre 2026 montrent que le comité social et économique (CSE) doit être informé et consulté avant qu'un employeur ne se lance, et les juges n'hésitent plus à suspendre l'outil si cette étape est zappée. La cour d'appel de Paris a même sanctionné un déploiement de ChatGPT pour cette raison, même si tout n'est pas automatique : chez France Télévisions, seul un des deux outils en jeu a été concerné, et pour Copilot 365, le juge a carrément écarté l'obligation de consultation.

Cette règle n'est pas nouvelle, elle vient du Code du travail (article L. 2312-8) qui impose la consultation du CSE pour toute nouvelle techno modifiant l'organisation ou les conditions de travail. Sauf que ce texte date d'avant l'explosion des IA génératives en entreprise, et les juges l'appliquent aujourd'hui à des assistants comme ChatGPT aussi bien qu'à un simple logiciel RH. Concrètement, l'employeur doit laisser un délai d'examen suffisant (un mois, deux si un expert est sollicité), donner des infos précises et écrites, et pour les usages RH spécifiquement, informer en amont sur les outils de recrutement ou de contrôle de l'activité des salariés.

L'actu du jour illustre bien la tension sur le terrain : le 30 septembre 2026, le syndicat CFE-CGC de la RATP a déposé une alarme sociale pour non-respect de cette obligation de consultation sur l'IA. Au 6 octobre, toujours aucune réponse officielle de la direction. Pendant ce temps, côté européen, un nouveau règlement est venu assouplir légèrement l'AI Act depuis le 27 juillet 2026 : l'obligation stricte de garantir un bon niveau de maîtrise de l'IA devient une simple obligation de « favoriser » son développement. Les règles spécifiques aux outils RH à haut risque, elles, n'entreront en vigueur qu'en décembre 2027.

Ceci est un résumé rédigé par SysDigestLire l'article original sur ActuIA →

À lire aussi