
Photo : XDA-Developpers
Qualcomm aurait voulu licencier le x86 d'Intel pour entrer sur PC
Qualcomm a révélé en procès qu'il avait tenté de licencier le x86 d'Intel avant de se tourner vers Arm pour ses puces Snapdragon X Elite.
Qualcomm a tenté, à un moment donné, de négocier avec Intel pour obtenir une licence x86, avant de finalement construire son activité PC sur de l'Arm avec les puces Snapdragon. L'info est sortie pendant le témoignage du CEO Cristiano Amon dans le procès qui oppose Qualcomm à Arm. Sans surprise, Intel a refusé : seuls Intel et AMD ont le droit de produire des puces x86, verrou historique que personne n'a jamais réussi à faire sauter.
Amon n'a pas précisé la date exacte de cette tentative, ce qui rend l'anecdote un peu floue. Était-ce avant l'annonce de 2016, quand Microsoft cherchait un concurrent à Intel pour relancer l'idée de Windows on Arm (déjà tentée avec Windows RT à l'époque de Windows 8) ? Ou plus tard, vers 2021, quand Qualcomm a racheté Nuvia pour concevoir ses propres cœurs Arm maison ? Dans les deux cas, le refus d'Intel a poussé Qualcomm à parier à fond sur l'architecture Arm, un choix qui a fini par porter ses fruits avec les Snapdragon X Elite et qui a aussi ouvert la voie à des produits comme le RTX Spark de Nvidia.
Une guerre judiciaire avec Arm qui s'envenime
Cette révélation tombe en plein procès opposant les deux entreprises. Pour rappel, Arm avait attaqué Qualcomm en 2024 à cause du rachat de Nuvia et des conditions de la licence d'architecture utilisée pour les Snapdragon X Elite — le patron d'Arm avait même suggéré de détruire tous les laptops concernés. Qualcomm avait largement gagné ce premier round. Aujourd'hui, c'est l'inverse : Qualcomm attaque Arm, qu'il accuse de ne plus respecter les termes de leur contrat de licence (absence de patchs et de tests pour les cœurs Oryon).
Le plus croustillant dans l'affaire, c'est le deal signé par Qualcomm avec Arm en 2013 : Qualcomm paie des royalties par cœur, mais seulement jusqu'à quatre cœurs maximum. Concrètement, il pourrait sortir une puce avec des centaines de cœurs pour un datacenter et ne payer que pour les quatre premiers. À l'époque, personne n'imaginait des puces à 18 cœurs pour laptop, donc Arm semble aujourd'hui regretter ce deal qu'il juge trop généreux. Arm se présente comme une entreprise qui n'a jamais refusé de licence à personne, tandis que Qualcomm pointe du doigt le changement de stratégie depuis le rachat par SoftBank en 2016. Le verdict de ce procès est attendu dans la semaine qui suit.
Ce qu'il faut retenir
- Qualcomm a tenté, sans succès, de licencier le x86 d'Intel avant de miser sur l'architecture Arm pour ses puces PC.
- Ce choix a mené aux Snapdragon X Elite et à l'essor actuel de Windows on Arm.
- Qualcomm et Arm s'affrontent en justice : Arm a perdu son procès contre Qualcomm en 2024, et c'est maintenant Qualcomm qui attaque Arm pour non-respect de leur accord de licence signé en 2013.
- Le contrat de 2013 plafonnait les royalties à quatre cœurs, un deal qu'Arm juge aujourd'hui trop avantageux pour Qualcomm.
À lire aussi

Le Intel Arc B770 : la carte 16 Go qu'on n'aura jamais
Intel avait conçu la B770, une carte graphique 16 Go capable de rivaliser avec la RTX 5060 Ti, mais elle n'a jamais été commercialisée pour le grand public.

Opera Neon et Comet : pourquoi je ne regarde plus YouTube sans IA
Les navigateurs IA comme Opera Neon et Perplexity Comet changent la façon de regarder YouTube : résumés instantanés et saut direct au bon passage.
Google IA : les sites d'actu français perdent -22,9% de trafic
Les IA de Google type Gemini et AI Overviews font chuter de 22,9% le trafic web des grands médias français en un an, selon l'ACPM.